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La chasse au vol :

Le Haut-Vol

Un chien de grande quête, pointer ou setter, bat la plaine et, tout à coup, se fige à l’arrêt. Le fauconnier s’approche, lentement, le faucon sur le poing. Il est sûr de la fermeté de l’arrêt de son chien. D’une main, il tient les tirettes de cuir fermant le chaperon de l’oiseau ; il prend le bouton entre ses dents et tire un peu. Délicatement, il déchaperonne le faucon qui, retrouvant la lumière, sait qu’il pourra voler et chasser.

Pendant ce temps, le chien imperturbable, est toujours à l’arrêt. Le fauconnier défait les jets de cuir attachés aux pattes de l’oiseau qui, désormais, est libre. Face au vent, il s’ébroue puis s’envole. Il semble glisser sur l’air. En tournant, il monte de plus en plus haut, parfois jusqu’à plus de 100 mètres au-dessus du chien. Le silence n’est troublé que par le tintement des sonnettes qu’il porte aux pattes.

Le fauconnier avance alors et les perdrix s’envolent. Le chasseur crie par attirer l’attention de l’oiseau, précaution souvent bien inutile car rien n’échappe à sa vue perçante. Il plonge en piqué, à une vitesse pouvant atteindre et même dépasser 200 kilomètres à l’heure. Il glisse sous une perdrix et la « lie » avec ses serres pour tomber avec elle au sol, ou bien il la percute sur le dos et la « buffete » pour revenir la lier aussitôt. Le spectacle grandiose, est extraordinairement rapide. On aimerait le revoir au ralenti.

Quand l’attaque a réussi, le faucon maintient sa victime au sol ; d’un coup de bec rapide et puissant, il lui brise les cervicales et commence à la plumer. Le fauconnier s’approche doucement, retire la proie à l’oiseau et lui offre en échange un cou, une cuisse de pigeon ou de poulet.

L’affaitage :

La chasse avec des faucons, dite de haut-vol, procure des émotions à nulles autres pareilles. Le chasseur est le spectateur d’une magnifique scène de prédation où tout semble aisé. Pourtant, que de travail, d’espoirs et de déceptions avant d’arriver à cette apparente facilité. L’oiseau ayant naturellement peur de l’homme, il faut l’y habituer petit à petit, avec une infinie patience. Toute cette phase d’éducation, appelée « affaitage », implique pratiquement de vivre avec l’oiseau au quotidien, d’en faire un membre de la famille. En outre, en période de chasse, le faucon à qui l’on demande des efforts importants doit être entraîné tous les jours comme un athlète. Avant chaque sortie, l’oiseau est pesé et n’est utilisé qu’à son poids de chasse, légèrement inférieur à son poids normal. Trop lourd, il est gavé et n’a pas faim. Trop léger, il a maigri, il est affaibli et a peut-être des problèmes de santé. Il n’est alors pas raisonnable de lui demander de chasser des proies plus grosses que lui.

Même quand l’oiseau est  bien affaité et qu’il a déjà quelques années d’expérience, le risque existe qu’il manque une attaque et parte plus loin chercher une autre proie. Ce peut être un pigeon, un merle ou une pie. Loin de la vue du chasseur, l’oiseau mange, puis va se percher pour dormir. Il ne quittera son arbre qu’après avoir digéré, pour chasser à nouveau. Le fauconnier doit cependant le récupérer : pour mieux le localiser, les fauconniers modernes équipent leur oiseau d’un petit émetteur pesant quelques grammes seulement. Dès qu’il l’a retrouvé, le maître tente de reprendre son faucon avec un leurre, sorte de boule de cuir sur laquelle il l’a habitué à être nourri lors de son affaitage et qu’il fait tournoyer au bout d’une longe avant de la lancer en l’air.

Les oiseaux les plus expérimentés sont parfois lâchés et laissés libres dès le début de la chasse. Ils se placent eux-mêmes au-dessus du chasseur ou du chien et les suivent en altitude, prêts à attaquer à tout moment.

Les oiseaux chasseurs :

La chasse de haut vol est essentiellement pratiquée avec des faucons pèlerins, mais aussi avec des gerfauts, des laniers, des sacres et même des hybrides obtenus par insémination artificielle. Les fauconniers chassent (volent) perdrix, faisans, canards, pies, corneilles.

Comme chez la plupart des rapaces, les femelles, que l’on appelle « formes », sont plus grosses que les mâles appelés « tiercelets » ; fort logiquement, les proies les plus grosses sont volées par les formes.

Le BAS-VOL :

Le bas-vol est complètement différent de la chasse au haut-vol. L’oiseau, généralement un autour des palombes, est toujours tenu sur le poing mais sans être chaperonné.

Un chien quête à courte distance du chasseur, et dès qu’il lève un gibier, l’autoursier lance son oiseau. En volant très rapidement, celui-ci rattrape le gibier et le prend entre ses serres. Son agilité et sa rapidité lui permettent de crocheter et de prendre des lapins en quelques dizaines de mètres seulement, souvent moins.  L’autoursier vole également des faisans et des canards ; jadis on volait même des hérons. Sur les lièvres, l’autour a parfois un peu de difficultés à maîtriser une aussi grosse proie, et le risque est grand qu’il se blesse gravement. Outre les autours de palombes, on peut utiliser des éperviers pour chasser les merles ou les grives, et même des aigles pour prendre le renard.